Yannick Poyat
 
TeraSol SA
Directeur technique
4 mai 2026

Le médecin vous ausculte toujours avant de vous prescrire une analyse de sang. Et bien ça devrait être pareil pour le sol. Pour beaucoup de gens, un diagnostic de l'état de santé du sol se résume à réaliser une analyse en laboratoire. 

On fait un prélèvement de terre, on le met dans un petit sac et on envoie au labo pour obtenir des informations sur la texture, le pH, la MO, etc. Ces informations sont très précieuses, mais elles sont secondaires. 

Avant de chercher à comprendre ce que vous ne pouvez pas mesurer par vous-même, allez sur le terrain, prenez une bêche et observez votre sol. 

La priorité est de vérifier les fondations, à savoir la fertilité physique. Et plus précisément la qualité structurale. Et pour cela vous n'avez besoin que d'une chose : une bêche. L'outil low cost par excellence. 

Si vous ne savez comment vous y prendre, vous pouvez suivre la méthode VESS (Visual Evaluation of Soil Structure) disponible ici : https://www.progres-sol.ch/fileadmin/progres-sol/VESS2019.pdf

Si on devait résumer à l'extrême cette approche, on pourrait dire que l'objectif est de vérifier que votre sol offre les conditions nécessaires pour que le vivant s'exprime (micro-organismes, vers de terre, racines, etc.). 

Si on prend l'exemple sur la photo, un échantillon prélevé dans les 15 premiers centimètres ne m'aurait jamais permis de constater que l'on commence gentiment à tendre vers un sol compacté en profondeur. 

Une mauvaise qualité structurale est généralement liée à un tassement excessif du sol et peut conduire à des problèmes assez graves comme l'arrêt de la prospection racinaires. 

Et des racines qui ne peuvent plus physiquement prospecter le sol, c'est le début de la fin pour la plante. En conclusion : auscultez avant d'échantillonner.

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