Yannick Poyat
 
TeraSol SA
Directeur technique
17 février 2026
La qualité d’un sol dépend de celui qui le regarde

L'étalement urbain est certainement l'une des principales causes de destruction des sols. Je ne vous apprends rien.

Mais depuis plusieurs années, le principe de sobriété foncière est de plus en plus mis en avant pour préserver le peu de sols fonctionnels qu'il nous reste.

Plutôt que de s'étaler, nous cherchons maintenant à densifier les villes. Construire vers l'intérieur et préserver l'extérieur.

Mais comme toujours rien n'est simple dans cette histoire.

Le renouvellement urbain coûte cher, donc le plus simple (moins couteux) est de remplir ces fameuses "dents creuses". Dit autrement, il s'agit d'artificialiser les sols d'espaces ouverts. Remplir les vides quoi.

Idéalement on devrait prioriser les friches, mais elles sont rares, et plus particulièrement en Suisse.

Nous revenons donc à ce choix cornélien : quels sols sommes-nous prêts à artificialiser ?

Certains vous diraient "les sols de mauvaise qualité !"

Oui mais un sol de mauvaise qualité pour un agronome (histosol par exemple) est perçu comme une ressource précieuse par un biologiste.

La qualité d'un sol est donc une question de point de vue. La pesée des intérêt s'annonce bien compliquée surtout si les points de vue divergent.

De nombreux projets de recherche ont tenté d'apporter des solutions sous la forme d'outils d'aide à la décision qui permettent d'évaluer les fonctions / services écosystémiques rendus par les sols.

Bien que robustes scientifiquement, ces outils ont malheureusement finis dans des tiroirs pour la majorité d'entre eux. Trop complexes à mettre en œuvre.

Mais avant de foncer bille en tête dans la conception d'outils qui risquent de ne jamais être utilisés, je vous propose de prendre un peu de recul.

Répondre aux besoins présents sans compromettre ceux des générations futures, ça vous rappelle quelque chose ?

Si nous voulons rendre service à nos enfants, nous devons préserver en priorité les sols capables d'accueillir différents usages. Soit des sols multifonctionnels, qui leur donneront une marge de manœuvre pour adapter leur territoire aux changements climatiques.

En résumé, le meilleur cadeau que nous puissions faire c'est de leur laisser le choix !

Enregistrer
|
Partager
|
Ils ont aimé cet article
 
Clarel ZEPHIR
Architecte Urbaniste
ZCCS