Laurent Fuchs
 
Conseil National des Ateliers Régionaux d’Urbanisme
Président
26 juin 2026
Recul du trait de côte : quels outils pour les collectivités ?

371 communes sont désormais directement concernées par le recul du trait de côte, soit 54 de plus depuis 2024. Cela représente 920 km de côtes exposées, 30 km² de terres déjà disparues et près de 3,8 millions d’habitants vivant dans des communes appelées à adapter leur aménagement.

Deux zones doivent être délimitées :

À 30 ans, la priorité est de ne pas aggraver le risque. Les travaux sur l’existant restent possibles, mais sans augmenter la capacité d’habitation. Les constructions nouvelles sont très limitées, réservées à certains usages indispensables, notamment publics ou liés à la proximité immédiate de l’eau, et doivent pouvoir être démontées.

Entre 30 et 100 ans, certains projets restent possibles, mais ils doivent intégrer dès le départ leur propre sortie : démolition future et remise en état du terrain si la sécurité des personnes ne peut plus être assurée.

Dans certains cas, la démolition pourra être imposée aux frais du propriétaire. Depuis le décret du 15 avril 2026, une autorisation d’urbanisme peut aussi être conditionnée à la consignation d’une somme correspondant au coût prévisionnel de démolition et de remise en état.

Il faut également rappeler que le recul du trait de côte n’ouvre pas automatiquement droit à indemnisation. L’enjeu principal n’est donc pas seulement de réparer, mais d’anticiper : informer les habitants, organiser les acquisitions ciblées, préparer les relocalisations et construire une vraie stratégie foncière.

Les outils existent : droit de préemption spécifique, bail réel d’adaptation à l’érosion côtière, renaturation des secteurs exposés, articulation avec le ZAN. Mais cartographier le risque ne suffit pas : sans maîtrise foncière, les communes risquent de subir les mutations parcelle par parcelle.

 

Les premiers réflexes à adopter sont les suivants :

  • identifier les secteurs exposés à 30 et 100 ans ;

  • vérifier l’intégration du risque dans le PLU(i) ou la carte communale ;

  • repérer les équipements, réseaux, campings, commerces, voiries et activités concernés ;

  • anticiper les besoins de relocalisation ;

  • bâtir une stratégie foncière progressive ;

  • informer clairement habitants et propriétaires.

 

Le recul du trait de côte n’est plus un sujet théorique. C’est désormais une question d’urbanisme, de foncier, de sécurité et d’anticipation politique.

 

#collectivités#climat#risque#SCoT#PLUi#aménagement#planification#trait de côte#CNARU
Enregistrer
|
Partager
|