
Fin juin, la commune de Durtol (63) a inauguré son groupe scolaire Henri Pourrat après des mois de rénovation visant à faire face aux réchauffement climatique, se mettre aux normes et se moderniser.
Le Maire, François CARMIER, nous apporte son témoignage.
Votre école, ouverte en 1971, vient de faire l'objet de travaux importants d'adaptation au réchauffement climatique. Qu'avez-vous fait et comment ? Quel en a été le calendrier ?
Au début du mandat précédent, nous avons mené un audit énergétique de l’ensemble des bâtiments communaux, mené en partenariat avec l’ADUHME (agence locale des énergies du Puy de Dôme). Il a révélé que ce bâtiment était le plus énergivore de la commune. Pour répondre aux exigences du décret tertiaire (issu de la loi ELAN), nous devions engager une rénovation complète, incluant également le restaurant scolaire.
Nos objectifs ? En priorité, réduire la consommation énergétique d’au moins 40 % d’ici 2030, avec la possibilité d’atteindre 60 % d’ici 2050.
Mais notre cahier des charges comprenait les points suivants :
Le chauffage,
Le traitement de l’amiante,
La gestion des surchauffes estivales,
La végétalisation de l’école,
L’amélioration de l’accessibilité,
Le renouvellement de l’air pour obtenir une bonne qualité sanitaire.
Plusieurs scénarios ont été étudiés avec toutes les solutions techniques : isolation, panneaux photovoltaïques, géothermie, etc.
Face aux réalités financières, nous avons dû arbitrer pour préserver notre capacité à rénover d’autres bâtiments communaux. Les solutions retenues nous permettront d’atteindre nos objectifs :
Réduction de plus de 40 % de la consommation énergétique,
Potentiel de dépassement des 60 % avec l’ajout de panneaux photovoltaïques.
Parmi les travaux réalisés :
Isolation thermique extérieure sur les parties non isolées,
Remplacement des huisseries non performantes,
Installation de centrales de traitement d’air.
Nous avons privilégié une approche pragmatique : conserver ce qui était déjà performant et concentrer nos efforts sur les points critiques, comme le désamiantage qui peut être total, partiel ou l’encapsulement de l’amiante pour maîtriser les coûts.
Un gros effort a été fait sur la gestion des surchauffes estivales qui est une vraie nécessité en utilisant des techniques passives :
Brise-soleils,
Casquette sur le restaurant scolaire,
Ventilateurs de plafond,
Utilisation de la baisse de température nocturne : free cooling (rafraichissement naturel nocturne piloté par la centrale de gestion technique du bâtiment) et surventilation nocturne.
Calendrier :
2021 : audit énergétique
2022 : décision de rénover l’école
2023 : choix d’un partenaire pour réaliser l’étude de faisabilité. réalisation de l’étude de faisabilité avec 3 scenarii
2024 : choix du scénario, du plan de financement, discussion avec les représentants de l’Etat, du conseil départemental, du conseil régional pour les demandes de subvention.
Appel d’offre pour le choix du maître d’œuvre puis APS et APD
Novembre 2024 : CAO pour le choix des entreprises
Février 2025 : retour appel d’offres négociation sur les lots infructueux
Avril 2025 : préparation chantier implantation structures provisoires (ALGECO)
Mai 2025 : déménagement de la cantine
Juin 2025 : début travaux désamiantage du restaurant scolaire
Juin 2026 : inauguration et réception travaux
La difficulté principale de ce chantier Réaliser ces travaux en site occupé, tout en garantissant la sécurité et le confort des élèves et des enseignants. Nous avons relevé ce défi grâce à une organisation millimétrée mais surtout à une capacité d’adaptation aux fluctuations du planning.
Le déménagement de la cantine dans un chapiteau fin mai 2025 a marqué le début de ce chantier suivi par la mise en place de structures modulaires pour accueillir les élèves dont les classes sont en cours de rénovation.
Cela nous a imposé de nombreux déménagements, dès qu’une classe a été livrée et opérationnelle les élèves l’ont réintégrée pour laisser la place dans les structures temporaires. De la même façon nous avons jonglé pour maintenir en fonctionnement une salle d’activité et des sanitaires en permanence.
Budget : 1,2 M€ HT
Ce chantier a pu voir le jour grâce à des financements publics :
350 000 € de l’État (Dotation d’Équipement des Territoires Ruraux - DETR),
200 000 € de la Région Auvergne-Rhône-Alpes,
300 000 € du Département du Puy-de-Dôme (Fonds des Initiatives Communales - FIC).
De notre côté en plus de nos fonds propres nous avons mis en vente un bâtiment dont nous n’avons plus l’utilité sollicité et souscrit un emprunt auprès de la banque des territoires qui nous soutient régulièrement dans nos projets.
Clermont Auvergne Métropole n’apparait pas mais nous a soutenu pour la réalisation des études préliminaires.
Quels bénéfices les enfants, les équipes pédagogiques et la commune tirent-ils de ces aménagements ? Doivent-ils être améliorés ou complétés par d'autres investissements ?
Un vrai gain au niveau des températures malgré la canicule dans les salles livrées, mais nous n’avons pas encore les vrais retours car les élèves réintégreront les locaux à la rentrée de septembre 2026.
Quels conseils donneriez-vous à des collègues qui se posent la question de l'adaptation de leurs écoles au réchauffement climatique ? Par où commencer ? Avec qui avancer ?
Avant tout, un audit du patrimoine ! Il y a beaucoup d’amiante dans nos écoles. Mais certaines parties de nos bâtiments sont performantes.
L’étude de faisabilité est essentielle : quels besoins, quels coûts, quels gains.
Envisager un renforcement du rafraichissement dès le départ (cellule de froid sur les Centrales de Traitement de l'Air)
